Directive NIS 2 – Quelles nouvelles exigences et pourquoi elle change la donne
La directive NIS 2 (Network and Information Security 2) marque un tournant majeur dans la réglementation de la cybersécurité en Europe. Adoptée fin 2022 et devant être transposée en droit national d’ici octobre 2024 (NIS2 Directive: 5 Key takeaways), elle élargit considérablement le champ d’application de la première directive NIS de 2016. Son ambition : renforcer la résilience cyber des secteurs vitaux face à la montée des menaces numériques. Concrètement, NIS 2 impose de nouvelles exigences aux entreprises jugées essentielles ou importantes dans 18 secteurs d’activités (énergie, transports, santé, finance, eau, infrastructures numériques, agroalimentaire, administration, etc.), contre seulement 7 secteurs environ couverts par NIS 1. Par exemple, en France, le nombre d’entités soumises à ces obligations passera d’environ 300 (sous NIS 1) à près de 10 000 avec NIS 2 (Enjeux et points clés de la Directive NIS 2 pour votre organisation – Onet France). Au niveau européen, on estime à 160 000 le nombre d’organisations concernées, sans compter leurs écosystèmes de fournisseurs (NIS2 Directive: 5 Key takeaways) – une multiplication par dix du périmètre (Les entreprises et administrations françaises au cœur de la Directive NIS 2 | Archimag). Toute entreprise moyenne ou grande (à partir de 50 employés et 10 M€ de revenus) opérant dans l’un de ces secteurs critiques peut donc être assujettie à NIS 2 (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs) (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs).
Des cybermenaces accrues, une réponse réglementaire renforcée
Pourquoi un tel renforcement réglementaire ? Ces dernières années, les cyberattaques n’ont cessé de se multiplier et de gagner en impact. En 2022, 45 % des entreprises françaises déclaraient avoir été victimes d’une cyberattaque, soit près d’une sur deux (Les entreprises et administrations françaises au cœur de la Directive NIS 2 | Archimag). Les rançongiciels, vols de données et sabotages numériques touchent indistinctement les hôpitaux, usines, collectivités, opérateurs d’énergie ou de transport… mettant en péril des services essentiels aux citoyens. Face à cette menace croissante, l’Union européenne a jugé nécessaire d’harmoniser et de durcir les règles de cybersécurité. La directive NIS 2 vise ainsi à corriger les faiblesses de NIS 1 en étendant son périmètre (nouvelles industries couvertes, inclusion de nombreuses PME stratégiques) et en précisant des obligations communes minimales pour toutes les entités concernées.
Les exigences clés de NIS 2 s’articulent autour de quatre piliers : analyse des risques et mesures de sécurité, responsabilisation du management, gestion des incidents et reporting, et continuité d’activité (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address) (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address). En pratique, cela signifie que chaque organisation entrant dans le champ de NIS 2 doit, entre autres :
- Adopter une approche globale de gestion des risques cyber : réaliser des analyses régulières des risques, définir des politiques de sécurité pour les systèmes d’information et déployer des mesures de protection proportionnées aux menaces (contrôle des accès, sécurité réseau renforcée, etc.) (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address).
- Mettre en place des mesures techniques et organisationnelles de cybersécurité “de base” : plan de réponse aux incidents, politique de sauvegardes et de reprise d’activité, gestion des vulnérabilités, chiffrement des données sensibles, authentification multifacteur pour les accès critiques, hygiène informatique et formation du personnel (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address) (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address). La Commission européenne précisera d’ailleurs les référentiels techniques applicables d’ici fin 2024 pour harmoniser ces mesures.
- Superviser la sécurité de sa chaîne d’approvisionnement (fournisseurs) : s’assurer que les prestataires critiques appliquent eux-mêmes un niveau de sécurité adapté, évaluer les risques tiers et disposer d’une visibilité sur l’ensemble de ses fournisseurs et sous-traitants du point de vue cybersécurité (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address).
- Détecter et notifier rapidement les incidents : avoir un processus interne pour repérer les incidents ayant un impact significatif et en informer les autorités dans des délais stricts (notification initiale sous 24 heures, rapport complet sous 72 heures) (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs).
- Préparer la continuité d’activité : élaborer des plans pour assurer le fonctionnement des services en cas de cyberattaque majeure – par exemple via un Plan de Reprise d’Activité (PRA) régulièrement testé, des systèmes de secours et une équipe de gestion de crise (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs).
Quel impact pour les DSI et RSSI ?
Pour les directions des systèmes d’information (DSI) et responsables sécurité (RSSI), NIS 2 représente un défi stratégique et opérationnel. D’une part, il faut prendre conscience que la conformité à cette directive est désormais obligatoire pour un large panel d’entreprises – y compris des acteurs jusqu’alors peu régulés en cybersécurité comme certaines industries manufacturières, la gestion des déchets ou la recherche. La première étape est donc d’identifier si votre organisation est dans le scope (entité essentielle ou importante). Si c’est le cas, le RSSI devra piloter un programme de mise en conformité transversal, en mobilisant non seulement les équipes IT, mais aussi la direction générale, les métiers, la gestion des risques et les partenaires externes.
Le message pour les dirigeants est clair : la cybersécurité n’est plus qu’une affaire technique, c’est une responsabilité d’entreprise au plus haut niveau. NIS 2 introduit d’ailleurs une responsabilisation accrue des organes de direction sur le sujet. En cas de manquement grave, les dirigeants peuvent être tenus personnellement responsables en cas de négligence avérée (Enjeux et points clés de la Directive NIS 2 pour votre organisation – Onet France). Les sanctions prévues incluent des amendes très lourdes (jusqu’à 10 millions € ou 2 % du CA annuel mondial pour les entités essentielles) (NIS2 Directive: 5 Key takeaways) (Enjeux et points clés de la Directive NIS 2 pour votre organisation – Onet France), et potentiellement des interdictions temporaires d’exercer des fonctions managériales (NIS2 Directive: 5 Key takeaways). Autant dire que la conformité NIS 2 doit figurer à l’agenda du CEO et du conseil d’administration, au même titre que les obligations financières ou juridiques.
Par ailleurs, le travail à réaliser pour se conformer aux exigences est conséquent et nécessite une anticipation suffisante. Un audit de l’état de sécurité actuel devra être mené pour identifier les écarts par rapport aux exigences NIS 2 : politiques formalisées, documentation des processus, outils de détection, plans de réponse, etc. Des investissements peuvent s’avérer nécessaires (par exemple dans des solutions de détection d’incident, du chiffrement, ou la formation du personnel). Certaines entreprises sous-estiment la tâche : une étude récente montre que 80 % des responsables informatiques sont confiants d’être en conformité à temps, mais seulement un sur deux estime que ses équipes comprennent bien les exigences de NIS 2, et que sa direction générale en a une bonne appréhension ([Infographie] NIS2 : les entreprises entre confiance et défis). Ce décalage indique un risque de retard si l’on ne mobilise pas suffisamment toutes les parties prenantes dès maintenant.
Solutions et bonnes pratiques pour aborder NIS 2
Pour les DSI/RSSI, la clé est d’aborder NIS 2 comme un projet d’entreprise transversal et non comme un simple contrôle à cocher. Voici quelques bonnes pratiques pour gérer cette transition :
- Évaluer l’éligibilité et la portée : Vérifiez d’abord si votre organisation est concernée et à quel titre (entité importante ou essentielle). Des simulateurs en ligne, comme celui de l’ANSSI (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs), peuvent vous y aider. Identifiez quelles filiales, départements ou types d’activités entrent dans le périmètre.
- Obtenir le soutien de la direction : Présentez les enjeux de NIS 2 à votre top management (DSI, DG, comité de direction). Expliquez les risques (sanctions, impacts en cas d’incident) mais aussi les opportunités (renforcer la résilience, la confiance des clients). L’objectif est de nommer un sponsor au niveau exécutif et, si possible, de formaliser une gouvernance de projet (comité de pilotage incluant métiers, juridique, etc.). La culture d’entreprise doit évoluer vers davantage de sensibilisation cyber au niveau du conseil d’administration.
- Réaliser un état des lieux et une feuille de route : Effectuez un diagnostic complet de votre posture de cybersécurité par rapport aux exigences NIS 2. Par exemple, avez-vous une cartographie à jour de vos actifs et systèmes critiques ? Une politique de sécurité formalisée et approuvée par la direction ? Un plan de réponse aux incidents testé ? Sur chaque exigence, évaluez le niveau de conformité et les écarts à combler. Priorisez ensuite les actions : certaines mesures techniques peuvent demander du temps (déploiement d’une authentification forte, segmentation réseau…), de même que la mise en place d’un PRA complet ou la négociation de clauses de sécurité avec vos fournisseurs.
- Renforcer progressivement les mesures de sécurité : Sur la base de l’analyse de risque, déployez ou améliorez les contrôles nécessaires. Par exemple, si la sauvegarde et la reprise d’activité sont insuffisantes (ce qui est fréquent : seulement 20 % des entreprises disposent d’un PRA pleinement opérationnel et testé (Résilience : 80% des entreprises n’ont pas de véritable PRA !)), c’est un chantier prioritaire. Si l’authentification multifacteur n’est pas généralisée sur les accès sensibles, c’est une mesure à implémenter sans tarder (les mots de passe compromis restant un vecteur majeur d’attaque). Renforcez aussi la surveillance des menaces et la détection : NIS 2 va de pair avec une capacité à détecter rapidement les incidents, via un SOC interne ou externalisé par exemple.
- Formaliser procédures et documentation : Une partie de la conformité sera de pouvoir documenter vos actions. Rédigez les politiques requises (politique de sécurité du SI, politique de gestion des vulnérabilités, procédure de notification d’incident, etc.). Mettez en place des registres ou outils pour suivre l’application de ces politiques (ex : journal des incidents de sécurité, registre des actifs critiques, compte-rendus des comités de suivi cyber, etc.). Cette documentation servira en cas d’audit par l’autorité compétente.
- Sensibiliser et former : Déployez un plan de formation à la cybersécurité pour vos collaborateurs, adapté à leur rôle. La directive souligne l’importance de la sensibilisation des équipes (cyber hygiene) (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address) et inclut même la formation des organes de direction parmi les obligations (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address). Assurez-vous donc que le top management reçoive un minimum de briefing sur ses nouvelles responsabilités et que l’ensemble du personnel soit régulièrement formé (sessions, e-learning, exercices de phishing simulé, etc.).
- Tester et améliorer en continu : Voyez la mise en conformité NIS 2 comme un processus itératif. Testez régulièrement vos dispositifs (exercices de crise cyber, tests de restauration de backups, audits techniques type pentest sur vos systèmes critiques…). Chaque test permettra d’identifier des axes d’amélioration. Suivez des indicateurs (KPI) de cybersécurité au fil du temps et rendez compte périodiquement à la direction des progrès et des points de vigilance.
En suivant ces étapes, les entreprises peuvent transformer l’obligation NIS 2 en une opportunité de monter en maturité sur la sécurité. Certes, l’ANSSI a indiqué vouloir accompagner les organisations progressivement (elle prévoirait jusqu’à 3 ans de tolérance avant d’appliquer strictement les sanctions (Directive NIS 2 : Impact sur les PME et les fournisseurs)), mais cela ne signifie pas qu’il faille attendre. Au contraire, profiter de ce délai pour prendre de l’avance renforcera votre résilience. En outre, atteindre la conformité NIS 2 peut apporter des bénéfices tangibles : réduction du risque de cyberincident majeur, meilleure réputation auprès des clients/partenaires, alignement avec d’autres référentiels (ISO 27001, PCI-DSS, etc.), et même un avantage compétitif si vos concurrents tardent à se mettre au niveau.
Comment les solutions Smart Global Governance répondent à ces enjeux
Smart Global Governance propose une plateforme intégrée de gouvernance, gestion des risques et conformité (GRC) qui peut grandement faciliter votre mise en conformité NIS 2. Face à la complexité de cette nouvelle réglementation (parmi 950 nouvelles réglementations apparues en cinq ans dans le monde des affaires, il est crucial de s’équiper d’outils efficaces pour piloter la conformité de manière transversale. La solution modulaire de Smart Global Governance vous aide à centraliser et orchestrer l’ensemble du programme NIS 2 :
- Cartographie et évaluation des risques : grâce à ses modules spécialisés (Risk Manager Suite, Information Security Officer Suite, etc.), la plateforme vous guide dans l’identification de vos risques cyber, l’évaluation de vos dispositifs de sécurité et le suivi de plans de traitement. Vous obtenez une vision consolidée de votre posture de sécurité et des écarts à combler vis-à-vis des exigences NIS 2, le tout à travers des tableaux de bord clairs pour les DSI/RSSI et la direction.
- Politiques et conformité : Smart Global Governance intègre des référentiels de contrôle alignés sur les obligations de NIS 2. Vous pouvez ainsi formaliser vos politiques (charte SSI, procédures incidents, PCA, etc.) dans l’outil, et vérifier en continu leur application via des check-lists et audits automatisés. La plateforme assure une traçabilité complète des actions entreprises : un atout en cas de contrôle par l’ANSSI ou pour vos rapports internes.
- Gestion documentaire et workflow : Fini les tableurs épars et les documents Word non suivis. La solution offre un espace centralisé pour stocker vos documents de sécurité et preuves de conformité (journaux d’incident, rapports d’audit, preuves de formation, etc.). Des workflows collaboratifs permettent d’assigner des tâches aux responsables (par exemple : « mettre à jour le plan de réponse aux incidents » à tel manager, avec relance automatique). Cela garantit que rien n’est oublié et que chaque exigence NIS 2 fait l’objet d’un plan d’action.
- Reporting et tableaux de bord pour la direction : La plateforme propose des tableaux de bord dynamiques qui synthétisent l’état de conformité et le niveau de risque cyber de l’entreprise. Ces vues pédagogiques sont idéales pour informer la direction générale ou le comité d’audit de l’avancement du programme NIS 2. En un coup d’œil, les décideurs visualisent les points forts/faibles et les progrès réalisés, ce qui favorise l’implication du management et une prise de décision éclairée (priorisation des investissements, arbitrages, etc.).
- Approche modulaire et évolutive : Les solutions Smart Global Governance couvrent non seulement NIS 2 mais aussi d’autres réglementations et standards (RGPD, ISO 27001, PCI, etc.). Cela signifie que votre démarche NIS 2 peut s’inscrire dans une stratégie de conformité unifiée. Vous évitez les doublons d’effort en réutilisant par exemple une analyse de risque commune ou des contrôles génériques. De plus, la plateforme étant modulaire, vous pouvez activer progressivement de nouvelles fonctionnalités en fonction de vos besoins. Cette agilité vous permet de rester en phase avec l’évolution des menaces et des normes, au-delà même de NIS 2.
En somme, Smart Global Governance agit comme un véritable copilote pour les DSI et RSSI dans la mise en œuvre de NIS 2. En automatisant les tâches GRC chronophages, en fiabilisant le suivi des conformités et en impliquant les bonnes personnes via des workflows clairs, la plateforme vous fait gagner du temps et de l’efficacité opérationnelle. Selon une étude Smart Global Governance, l’automatisation des processus GRC peut apporter 40 % de gains d’efficacité et libérer les équipes pour des projets à plus forte valeur ajoutée. Vous pouvez ainsi transformer la contrainte NIS 2 en moteur de performance : non seulement éviter les pénalités, mais surtout renforcer durablement la sécurité de votre organisation.
À propos de l’Auteur

Assouan Bougherara
Senior Legal et R&D Manager à Smart Global Governance
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