La directive NIS 2 place la cybersécurité au cœur de la gouvernance d’entreprise, en demandant aux instances dirigeantes (comités de direction, conseils d’administration) de s’impliquer activement dans la gestion des risques numériques.

Jusqu’à récemment, la sécurité informatique était souvent considérée comme une affaire purement technique, déléguée au RSSI et à la DSI. La directive NIS 2 change la donne en explicitant des obligations de gouvernance : désormais, les organes de direction des entreprises concernées doivent superviser et valider les mesures de gestion des risques cyber de leur organisation (NIS2 Directive: 5 Key takeaways). En clair, le comité de direction ou le conseil d’administration doit s’engager dans la stratégie de cybersécurité : approuver les politiques de sécurité, allouer les ressources nécessaires, suivre les indicateurs de risque… et pourra être tenu responsable en cas de défaillance grave.

Un nouvel enjeu stratégique pour les conseils d’administration

NIS 2 fait de la cybersécurité un sujet de responsabilité fiduciaire des dirigeants. Cela se traduit par plusieurs exigences importantes :

  • Imputabilité et devoir de vigilance : Les dirigeants ont dorénavant le devoir de valider les mesures de gestion des risques cyber et d’en superviser la mise en œuvre (NIS2 Directive: 5 Key takeaways). Ignorer la cybersécurité pourrait être considéré comme un manquement au devoir de diligence. En cas d’incident majeur, les autorités examineront si la direction a pris les dispositions nécessaires en amont.
  • Formation des dirigeants : NIS 2 stipule que les membres des organes de direction doivent bénéficier d’une formation adéquate en cybersécurité (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address) afin de comprendre les enjeux et décisions à prendre. C’est une évolution culturelle forte – on attend d’un PDG ou d’un administrateur qu’il comprenne des notions comme analyse de risques, plan de réponse à incident, hygiène informatique, etc.
  • Renforcement de la responsabilité personnelle : La directive prévoit des sanctions ciblant directement les dirigeants en cas de négligence avérée. Par exemple, un dirigeant pourrait être déclaré persona non grata temporairement (interdiction d’exercer des fonctions de direction) si son entreprise a gravement failli à ses obligations NIS 2 (NIS2 Directive: 5 Key takeaways). De plus, comme vu précédemment, des amendes très élevées sont en jeu pour l’entreprise (jusqu’à 10 M€ ou 2 % du CA) (NIS2 Directive: 5 Key takeaways), ce qui aura des répercussions sur la gouvernance (les actionnaires, le public et les partenaires tiendront la direction pour responsable de ces pénalités).

Pour les DSI et RSSI, cela signifie qu’il faut éduquer et embarquer le top management sur les sujets cybersécurité. Le soutien de la direction n’est plus seulement souhaitable, il est requis par la loi. Pourtant, dans la pratique, un fossé existe encore : selon une enquête Zscaler de 2023, seuls 32 % des responsables informatiques estiment que la conformité NIS 2 est déjà une priorité pour leurs dirigeants ([Infographie] NIS2 : les entreprises entre confiance et défis). Et seulement un sur deux pense que la direction générale comprend bien les exigences de la directive ([Infographie] NIS2 : les entreprises entre confiance et défis). Ce constat illustre un risque : si les décideurs n’ont pas pleinement conscience de leurs nouvelles obligations, l’entreprise pourrait tarder à allouer les moyens et à impulser les changements nécessaires.

Implication pour les entreprises :

la cybersécurité doit monter au niveau stratégique. Les conseils d’administration doivent intégrer la gestion du risque numérique dans leurs attributions, au même titre que les risques financiers, juridiques ou opérationnels. On voit d’ailleurs émerger des Comités Risques et Cyber au sein des boards, ou la nomination d’administrateurs référents sur le numérique. Certaines entreprises choisissent aussi de lier la rémunération variable de leurs dirigeants à des critères de performance en cybersécurité (par exemple : nombre d’incidents, niveau de conformité aux audits…). Ces pratiques, encouragées par NIS 2, visent à s’assurer que la cybersécurité bénéficie du bon ton d’en haut (tone at the top).

Bonnes pratiques de gouvernance cyber pour les DSI/RSSI

Comment les DSI et RSSI peuvent-ils accompagner leur entreprise dans cette évolution ? Voici quelques bonnes pratiques pour renforcer la gouvernance cyber :

  • Sensibiliser le top management : Organisez des sessions de formation ou d’information dédiées aux dirigeants. Présentez-leur des exemples concrets d’attaques, les risques encourus, et bien sûr les obligations légales (ex. obligation de notification d’incident sous 72h, risque de sanctions personnelles). Il peut être utile de réaliser un cyber drill (exercice de simulation de crise) incluant les dirigeants, afin de les confronter aux décisions à prendre en cas d’attaque. L’ANSSI propose par exemple des exercices nationaux (CyberEx) qui peuvent servir de modèle à des exercices internes.
  • Clarifier les rôles et responsabilités : Mettez à jour la gouvernance interne pour formaliser le rôle de chacun. Désignez un responsable cybersécurité au niveau du comité exécutif (souvent le RSSI rattaché au DSI, ou directement rattaché au DG dans certaines organisations). Assurez-vous que ce responsable ait un accès régulier au conseil d’administration (participation aux comités d’audit/risque, présentation d’un rapport cyber à chaque réunion du board…). Documentez la responsabilité du board sur la cybersécurité dans votre charte de gouvernance d’entreprise, pour entériner cette nouvelle donne.
  • Instaurer un reporting cyber régulier au board : Fournissez périodiquement aux dirigeants des indicateurs clairs sur l’état de la sécurité du SI. Par exemple : nombre de tentatives d’attaques bloquées, niveau d’exposition aux failles critiques, progression du plan d’action NIS 2, comparaison par rapport à un référentiel (score de maturité). Ce reporting doit être pédagogique et éviter le jargon, afin de permettre aux non-spécialistes de comprendre. L’idée est de créer un dialogue constructif entre le RSSI et le board : que les dirigeants puissent poser des questions, challenger les plans, arbitrer des investissements en connaissance de cause.
  • Aligner la cyber sur les objectifs business : Pour capter l’attention de la direction, liez la cybersécurité aux enjeux business de l’entreprise. Par exemple, mettez en avant que la confiance des clients est conditionnée par votre capacité à protéger leurs données et services (une atteinte majeure peut faire fuir la clientèle et entacher la marque). Soulignez aussi que dans certains appels d’offres, un haut niveau de sécurité est devenu un critère de sélection. En faisant le lien entre cyber et performance, vous aiderez la direction à percevoir ces dépenses non pas comme un coût pur, mais comme un investissement stratégique (protection du chiffre d’affaires, avantage concurrentiel, etc.).
  • Impliquer le board dans la stratégie cyber : Plutôt que de présenter la cybersécurité comme un compliance issue technique, encouragez la direction à la considérer comme un élément de la stratégie d’entreprise. Par exemple, discutez en conseil de l’appétence au risque cyber : jusqu’à quel point l’entreprise est-elle prête à prendre des risques numériques pour innover ? Quels sont les scénarios inacceptables (arrêt de production, vol de propriété intellectuelle…) ? Cette réflexion stratégique permettra de guider les investissements (on dépense là où on ne veut absolument pas de sinistre) et de créer une culture du risque partagée du sommet à la base.
  • Formaliser une politique de gouvernance de la sécurité : Idéalement, la façon dont la cybersécurité est gouvernée doit être écrite. Certaines entreprises rédigent un document type « Charte de gouvernance de la sécurité » qui détaille la structure de pilotage (comités, rôles de chacun), les modalités de reporting, les indicateurs suivis, etc. Ce document, approuvé par la direction, officialise l’engagement du management. C’est aussi une pièce justificative en cas d’audit (montrant que le sujet est sérieusement pris en main au plus haut niveau).

En résumé, NIS 2 pousse à une synergie entre RSSI, DSI et dirigeants. Le RSSI doit devenir un partenaire du business, capable de dialoguer avec le top management dans son langage, pour l’aider à arbitrer sur des bases éclairées. Pour les dirigeants, il s’agit d’intégrer la cybersécurité dans la définition même du succès de l’entreprise – à l’image de la sécurité physique ou de la conformité légale. Cette évolution de la gouvernance est sans doute l’un des effets les plus structurants (et positifs) de NIS 2 sur les entreprises européennes.

La réponse de Smart Global Governance pour une meilleure gouvernance cyber

Les solutions de Smart Global Governance ont été conçues pour favoriser cette intégration de la cybersécurité dans la gouvernance d’entreprise. En particulier, la suite « Information Security Officer » et les modules de pilotage stratégique de Smart Global Governance apportent aux DSI/RSSI et aux dirigeants les outils nécessaires pour collaborer efficacement sur la gestion des risques cyber.

Concrètement, Smart Global Governance permet de créer un pont entre le terrain technique et le niveau direction :

  • Tableaux de bord exécutifs sur mesure : La plateforme transforme les données techniques de sécurité en KPIs business compréhensibles par les cadres dirigeants. Par exemple, vous pouvez suivre un indice global de maturité cyber, le pourcentage d’avancement du plan NIS 2, le nombre de risques critiques traités vs restant à traiter, etc. Ces indicateurs sont mis à jour en temps réel à partir des actions menées dans l’outil (audits, incidents, plans). Le DG ou le directeur financier peut ainsi consulter à tout moment un état synthétique de l’exposition aux risques de l’entreprise, ce qui facilite l’inclusion du sujet à l’ordre du jour des comités de direction.
  • Gestion des responsabilités et plans d’action : Smart Global Governance vous aide à formaliser clairement qui est responsable de quoi en matière de cybersécurité. Le module de gouvernance permet d’assigner des rôles (par exemple responsable du plan de continuité, sponsor de la sécurité au board, etc.) et de suivre l’exécution des responsabilités. Il devient simple de démontrer que « oui, la direction a bien validé telle politique à telle date », car tout est tracé dans l’outil. En cas de roulement managérial, la continuité est assurée : le nouvel arrivant voit immédiatement ses attributions en cybersécurité et l’historique des décisions.
  • Workflows de validation : Besoin de faire approuver une nouvelle politique SSI ou un investissement sécurité par la direction ? La plateforme intègre des workflows de validation électronique. Le RSSI peut soumettre un document ou une demande via l’outil, le directeur concerné reçoit une notification, et peut approuver ou commenter en quelques clics. Cela instaure une interaction fluide et documentée entre le niveau opérationnel et décisionnel. Finies les validations informelles par email qui se perdent : tout est centralisé.
  • Reporting automatisé pour les organes de direction : À l’approche d’un comité d’audit ou d’un conseil, le RSSI peut générer automatiquement un rapport de synthèse depuis Smart Global Governance, couvrant les points requis (par exemple : incidents survenus dans le trimestre et actions correctives, état de conformité réglementaire, plans de réduction de risques en cours, etc.). Ces rapports, personnalisables, permettent de gagner un temps précieux et d’assurer que l’information transmise au board est à jour et exacte. Certains de nos clients ont réduit de 40 % le temps passé à préparer leurs comités grâce à cette automatisation.
  • Vision holistique via l’écosystème modulaire : La force de Smart Global Governance réside aussi dans son approche intégrée. Les modules Risk, Compliance, Audit, etc., partagent la même base de données. Ainsi, un risque identifié lors d’un audit technique peut automatiquement remonter dans le tableau de bord risque présenté au board. De même, une décision stratégique du board (par ex : augmenter le budget cyber de X %) peut être traduite en objectifs dans le module plan d’action et suivie opérationnellement. Cette continuité numérique évite la déperdition d’information entre le top management et les équipes d’exécution.

Avec Smart Global Governance, les DSI et RSSI disposent donc d’un levier puissant pour engager leurs dirigeants. La plateforme parle autant aux techniciens qu’aux stratèges : elle offre aux uns le niveau de détail et de rigueur attendu, et aux autres une vue d’ensemble synthétique. En structurant la gouvernance cyber et en facilitant la communication verticale, Smart Global Governance aide votre entreprise à répondre à l’esprit de NIS 2 : une cybersécurité pilotée au plus haut niveau, facteur de confiance et de résilience pour toute l’organisation.

À propos de l’Auteur

photo de l'auteur Assouan BOUGHERARA

Assouan Bougherara

Senior Legal et R&D Manager à Smart Global Governance

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