La mise en conformité avec NIS 2 ne doit pas être vue uniquement comme un fardeau administratif, mais comme un projet stratégique pouvant apporter de la valeur à l’entreprise. Certes, la directive impose de nouvelles obligations et deadlines contraignants, mais elle peut servir de catalyseur pour améliorer globalement la posture de cybersécurité et de résilience. Pour les DSI et RSSI, l’enjeu est de transformer cette contrainte en opportunité : opportunité de convaincre la direction d’investir, opportunité d’assainir des processus, de supprimer des silos, d’adopter de meilleurs outils, etc. En somme, faire d’une pierre deux coups : être conforme à la loi et plus solide face aux cybermenaces.
Un projet complexe qui nécessite anticipation et coordination
Il ne faut pas se le cacher, atteindre la conformité NIS 2 sera un chantier pluridisciplinaire. Selon des estimations, un parcours complet de mise en conformité (analyse, remédiation, implémentation d’outils) peut prendre autour de 12 mois pour une organisation moyenne (NIS2 Requirements | 10 Minimum Measures to Address). Or, le délai réglementaire est court : transposition en octobre 2024, puis entrée en application immédiate (même si les régulateurs pourraient se montrer tolérants quelques mois, la pression sera là). Une étude menée en 2023 montrait que 55 % des entreprises ne se sentaient pas encore prêtes pour NIS 2 (Enjeux et points clés de la Directive NIS 2 pour votre organisation – Onet France). Et parmi les responsables IT interrogés, 80 % se disent confiants d’y arriver à temps ([Infographie] NIS2 : les entreprises entre confiance et défis)… ce qui peut traduire un léger optimisme ou une sous-estimation des efforts restants.
Les DSI/RSSI doivent donc dès maintenant endosser le rôle de chef d’orchestre de ce projet de conformité. Il s’agit d’un projet atypique : à la fois technique (il faut améliorer la sécu du SI), organisationnel (il faut mettre en place de nouvelles procédures, former du monde), et légal/compliance (il faut documenter, rendre des comptes, dialoguer avec l’autorité). Cela implique de mobiliser plusieurs fonctions de l’entreprise : IT bien sûr, mais aussi juridique, RH (pour la formation), achats (pour les fournisseurs), continuité d’activité, etc., sans oublier le top management comme on l’a vu.
Une démarche efficace pourrait s’inspirer de méthodes de gestion de projet classiques : établir une gouvernance projet (comité de pilotage, sponsor exécutif, chef de projet dédié), définir un plan de projet avec des phases et jalons, et suivre l’avancement par rapport à ces jalons. On peut par exemple découper le projet NIS 2 en phases : 1) diagnostic initial, 2) plan de remédiation & priorisation, 3) mise en œuvre des mesures techniques/organisationnelles, 4) tests et ajustements, 5) audit final de conformité. Chacune de ces phases peut comporter de multiples tâches et sous-projets.
L’obtention des ressources est un point critique. Il faudra sans doute justifier d’un budget (heures de consultants, achat de solutions, recrutement éventuel) auprès de la direction. Pour cela, utilisez l’argumentaire du risque et des sanctions, mais aussi le discours positif : « Investir X € maintenant peut nous éviter une amende de 2 % du CA et surtout éviter une crise coûteuse ». Soulignez également que ce qui est fait pour NIS 2 profitera à d’autres dimensions (RGPD, continuité d’activité, etc.). En outre, évoquez la possibilité que vos clients exigent votre conformité NIS 2 (effet cascade dans les appels d’offre), donc c’est aussi un investissement commercial préventif.
Plan d’action recommandé pour aborder la conformité NIS 2
Réussir son projet NIS 2, c’est à la fois faire les bonnes choses (sécurité) et les documenter (conformité). Voici un plan d’action synthétique que les DSI/RSSI peuvent suivre :
- Lancement du projet et gouvernance : Nommez un responsable de projet (par ex. le RSSI ou un chef de projet dédié) et un sponsor de direction (DG, directeur risque…). Constituez une équipe projet pluridisciplinaire avec des référents de chaque département impliqué. Organisez un kick-off pour expliquer la directive, les étapes et le calendrier à tous.
- Diagnostic initial (Gap Analysis) : Faites un état des lieux vis-à-vis des exigences NIS 2. Listez pour chaque exigence où vous vous situez. Par exemple : “Exigence : formation des dirigeants – État : non fait”, “Procédure de notification d’incident – État : existe mais à formaliser”, “Authentification MFA généralisée – État : 70 % des applis couvertes”, etc. Appuyez-vous sur des audits externes si nécessaire pour évaluer objectivement la technique. Identifiez aussi les points forts : certaines exigences sont peut-être déjà remplies grâce à vos efforts antérieurs (ex : si vous étiez conforme ISO 27001 ou LPM/OIV).
- Priorisation et plan de remédiation : Sur la base du gap analysis, catégorisez les écarts à combler en haute, moyenne, basse priorité. Hautes priorités = risques majeurs ou obligations critiques non tenues. Par exemple, absence de plan incident = critique. Pour chaque point, définissez l’action à mener, le porteur et l’échéance cible. Cela forme votre feuille de route. Tâchez d’étaler les chantiers dans le temps pour ne pas tout faire à la dernière minute – l’idéal étant de viser une quasi-conformité d’ici fin 2024 pour être tranquille.
- Mise en œuvre des mesures : Exécutez le plan. Ici ce sera très variable selon les actions : cela peut aller de “rédiger un document” à “déployer un nouvel outil EDR sur 1000 postes”. Suivez la progression régulièrement en comité de pilotage. N’hésitez pas à déléguer certaines tâches à des prestataires ou consultants spécialisés, notamment sur les sujets pointus (ex : formation spécifique du CA par un expert, audit de configuration, etc.). Gardez à l’esprit la date butoir et ajustez le plan en cas de dérive.
- Documentation et conformité : En parallèle de la technique, travaillez vos documents de conformité. Préparez dès maintenant les éléments qui pourront être demandés : politique de sécurité validée par le DG, procès-verbal de formation du board, registre des incidents de sécurité, etc. Constituez un dossier NIS 2 où vous rangez toutes les preuves de ce que vous faites. Cela facilitera la phase finale et d’éventuelles inspections.
- Test final et audit à blanc : Une fois toutes les actions du plan de remédiation réalisées, effectuez un audit interne pour vérifier que toutes les exigences NIS 2 sont couvertes. Simulez par exemple une demande de l’ANSSI et voyez si vous pouvez fournir tous les éléments (documents, preuves). Si des points restent faibles, corrigez-les tant que possible. Ce dry run vous donne confiance pour la suite.
- Maintien en conditions : NIS 2 n’est pas un one-shot ; il faudra maintenir ce niveau de conformité dans la durée. Intégrez donc ces contrôles dans vos processus courants : par exemple, ajoutez la revue annuelle de la gouvernance cyber à l’agenda du board, planifiez des audits réguliers, etc. Veillez aussi aux évolutions : la sécurité doit rester alignée sur l’état de l’art (la directive parle de “state of the art” – ce qui est acceptable aujourd’hui ne le sera plus dans 5 ans). Prévoyez des points d’amélioration continue.
En suivant ce plan, non seulement vous mettrez votre organisation en conformité, mais vous aurez en parallèle structuré un véritable système de management de la cybersécurité. Ce système vous servira bien au-delà de NIS 2 : par exemple, pour vous conformer à d’autres normes (d’autres textes européens comme DORA – Digital Operational Resilience Act – arrivent, et vous serez déjà dans les starting-blocks). Vous aurez également accru la sensibilisation en interne, clarifié des procédures, éliminé des redondances, bref amélioré votre efficience opérationnelle. Une étude indique que bien gérée, la mise en conformité peut même conduire à 40 % d’efficacité opérationnelle en plus via l’automatisation et l’optimisation des processus. Un beau retour sur investissement en perspective.
Smart Global Governance – votre allié pour réussir et pérenniser la conformité NIS 2
Le programme que nous venons de décrire peut sembler ambitieux. C’est là qu’une solution comme Smart Global Governance prend tout son sens : en centralisant l’effort, en automatisant les suivis et en assurant la pérennité des processus, elle vous aide à mener à bien votre projet NIS 2 et à en récolter les bénéfices dans la durée.
- Pilotage global de projet : Smart Global Governance offre une vue programme de la conformité. Vous pouvez créer un plan de mise en conformité NIS 2 dans l’outil, avec les différentes phases et tâches assignées. Le tableau de bord projet affiche le pourcentage d’avancement, les tâches en retard, etc., ce qui facilite le reporting au comité de pilotage. Chaque membre de l’équipe voit ses tâches dans son interface, avec des échéances claires. Cette transparence améliore la coordination et la responsabilité de chacun.
- Collaboration multi-métier : La plateforme étant accessible aux différentes parties prenantes (avec des droits appropriés), elle sert de point central de collaboration. Par exemple, le juriste peut y déposer les contrats revus avec clauses NIS 2, le RSSI y suivre les déploiements techniques, les RH y attester des formations effectuées… Cela casse les silos. Fini les infos dispersées dans les mails ou fichiers locaux : tout est rassemblé, ce qui réduit les risques d’oubli et les pertes de temps à courir après l’information.
- Automatisation des relances et rappels : Pour maintenir le rythme, Smart Global Governance intègre des mécanismes de rappel automatique. Si une tâche n’est pas accomplie à la date prévue, le responsable reçoit des notifications, et le manager peut en être alerté. Idem pour les contrôles récurrents : l’outil peut rappeler qu’il est temps de faire la revue annuelle de politique de sécurité, ou de tester le PRA ce trimestre. Cela permet d’ancrer durablement les routines de conformité sans effort manuel de suivi.
- Base de connaissance et bonnes pratiques : Smart Global Governance embarque des contenus et guides pré-paramétrés alignés sur la directive. Par exemple, une checklist des exigences NIS 2 est disponible dans l’outil pour vous aider au diagnostic initial (avec pour chaque exigence une description et éventuellement des suggestions de contrôles à mettre en place). Vous bénéficiez ainsi de l’expertise intégrée de Smart Global Governance, fruit de son expérience auprès de nombreux clients. C’est comme avoir un consultant virtuel qui vous guide pas à pas.
- Évolutivité et adaptation : La plateforme est constamment mise à jour pour intégrer les dernières évolutions réglementaires et les meilleures pratiques. Si de nouvelles directives ou normes viennent s’ajouter (et on sait qu’il y en aura d’autres), vous pourrez les intégrer dans votre écosystème Smart Global Governance sans repartir de zéro. Sa modularité vous permet d’agréger de nouveaux modules au fur et à mesure des besoins. Votre investissement est pérenne : il vous sert pour NIS 2 aujourd’hui, et pour d’autres challenges demain.
- Mesure des bénéfices : Smart Global Governance ne se contente pas de vous aider à cocher des cases, elle vous aide à en mesurer l’impact. Grâce aux indicateurs de risque, de conformité, d’incident, vous pourrez démontrer concrètement les améliorations obtenues (par ex. baisse du niveau de risque résiduel, réduction du temps de réponse moyen aux incidents, etc.). Ces données sont précieuses pour valoriser le travail accompli auprès de la direction et des parties prenantes. Elles transforment la conformité en chiffres parlants et pilotables.
En résumé, Smart Global Governance agit comme un accélérateur et un stabilisateur de votre programme NIS 2. En phase de projet, elle accélère l’atteinte de la conformité en vous fournissant structure et assistance. Sur le long terme, elle stabilise les acquis en s’assurant que les processus restent suivis et que l’amélioration continue est au rendez-vous. De plus, en centralisant tout, elle fait gagner du temps : nos clients constatent souvent une réduction de 30 à 50 % du temps passé sur les tâches administratives de conformité grâce à l’automatisation.
Enfin, utiliser Smart Global Governance envoie un signal positif à vos parties prenantes (autorités, clients…) : cela montre que vous avez opté pour une démarche professionnelle et proactive de gestion de la cybersécurité et des conformités. Vous n’êtes pas dans la réaction minimale, vous êtes dans l’anticipation et l’excellence opérationnelle. C’est ainsi que la conformité NIS 2 se transforme en véritable atout de confiance et de performance pour votre organisation.
Conclusion : La directive NIS 2 est un défi de taille pour les DSI et RSSI, mais en abordant méthodiquement ses différentes facettes – exigences, gouvernance, risques tiers, incidents, mesures de sécurité, pilotage du projet – elle peut devenir un levier de renforcement global de votre entreprise face aux cyber risques. Tout au long de cette série d’articles, nous avons exploré les enjeux et bonnes pratiques autour de NIS 2. Avec le bon état d’esprit, les bons outils et une implication transverse, la conformité NIS 2 n’est pas une ligne de plus dans la liste des obligations : c’est l’occasion d’inscrire la cybersécurité au cœur de la stratégie et de gagner en résilience sur le long terme. Smart Global Governance s’engage à vos côtés dans cette démarche, pour transformer ensemble ces nouvelles exigences en opportunités de progrès. Bonne route vers NIS 2 !
À propos de l’Auteur

Assouan Bougherara
Senior Legal et R&D Manager à Smart Global Governance
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